Elle consacre en effet l'irruption dans le paysage architectural parisien de cette transparence presque dématérialisée que seule permet le métal.
Par son aspect franc et brutal, elle radicalise le débat artistique ouvert trente ans plus tôt, matérialisant la rupture entre architectes et ingénieurs, entre art et science, au profit d'une expression nouvelle de la structure et de l'espace.
Son caractère abstrait, inutile, la pureté de son dessin, en font un support ouvert à toutes les expressions de la ville et de la nation qui l'ont enfantée.
Georges Seurat la peint en 1888, avant même son achèvement. La manière pointilliste du tableau, où la juxtaposition des taches colorées dégage lumière et mouvement des formes, correspond exactement à l'expression architecturale de la Tour.
Par la suite, le Douanier Rousseau, Signac, Bonnard, Utrillo, Gromaire, Vuillard, Dufy, Chagall célèbrent la Tour. Robert Delaunay lui donne des facettes cubistes dans toute une série de toiles peintes à partir de 1910.
Le succès populaire de la Tour se concrétise dès l'origine par sa reproduction sous des formes nombreuses et variées : modèles réduits, bouteilles et bougies, breloques et chromos, coupe-papier et pieds de lampe...
Eiffel avait pensé exploiter commercialement l'image de la Tour, mais devant le tollé soulevé chez de nombreux artisans par cette initiative, il abandonna ses droits au domaine public.
La Tour a aussi été copiée à plus grande échelle, notamment à Lyon-Fourvière, à Blackpool, à New-Brighton près de Liverpool, à Tokyo, à Berlin, et plus récemment, à Shenzhen en Chine.